Relations presse deeptech : guide pour startups scientifiques

Résumé de l'article
- Le paradoxe deeptech : une startup scientifique possède ce que les journalistes valorisent le plus (des données et de la recherche originales, citées par 40 % d'entre eux, Muck Rack 2026) et ce qui les fait décrocher (un sujet hors de leur domaine, écarté immédiatement par 88 % d'entre eux). Tout le travail RP consiste à passer d'une catégorie à l'autre.
- Le porte-parole : le fondateur scientifique, préparé, et non le profil le plus à l'aise à l'oral. Sa légitimité est le principal actif de crédibilité d'une deeptech.
- Les médias changent à chaque stade : publication et presse spécialisée métier en phase laboratoire, presse tech aux premiers POC, presse économique généraliste à partir de la série A. Viser trop haut trop tôt est la première cause d'échec.
- Quatre contraintes commandent le calendrier, et non l'inverse : dépôt de brevet, embargo des publications scientifiques, allégations réglementées, dual-use civil et défense.
- Repère de délai : trois mois de relations presse ont produit plus de 10 retombées médias pour HABS, deeptech neurosciences, dont un passage en direct sur BFM Business.
Les relations presse deeptech consistent à rendre une innovation scientifique compréhensible et intéressante pour des journalistes qui ne sont pas scientifiques. C'est la difficulté centrale du secteur : le sujet est complexe, le porte-parole est souvent un chercheur, et l'actualité ne suit pas le calendrier des rédactions.
La France compte 2 830 startups deeptech actives, 410 créations en 2025 et 4,1 milliards d'euros levés sur l'année, selon le bilan du Plan Deeptech publié par Bpifrance le 16 mars 2026. Le nombre d'entreprises qui cherchent à se faire entendre augmente donc vite. Le nombre de journalistes capables de traiter ces sujets, non.
Dernière mise à jour : août 2026.
Pourquoi les relations presse deeptech sont-elles plus difficiles que la RP tech classique ?
Parce qu'une startup deeptech cumule les deux extrêmes de ce qui fait accepter ou rejeter un sujet par une rédaction.
D'un côté, elle possède exactement ce que les journalistes disent valoriser le plus. Dans le State of Journalism 2026 de Muck Rack, 40 % des journalistes citent la recherche ou les données originales parmi les éléments qui donnent de la valeur à une sollicitation. Une deeptech en a par construction : des publications, des cohortes, des mesures, des brevets.
De l'autre, elle présente le défaut le plus éliminatoire. Toujours selon Muck Rack, 88 % des journalistes écartent immédiatement une sollicitation qui sort de leur domaine. Et dans le State of the Media 2026 de Cision, mené auprès de 1 899 journalistes, 72 % estiment que moins d'un quart des sollicitations reçues sont pertinentes pour leur sujet.
Tout le travail des relations presse deeptech tient dans ce déplacement : faire passer votre sujet de la seconde catégorie à la première. Ce n'est pas un travail de diffusion, c'est un travail de traduction et de ciblage.
Trois obstacles s'ajoutent, propres au secteur :
- Le cycle est long et pauvre en actualité. Entre deux annonces, une deeptech peut passer dix-huit mois sans nouvelle publiable, là où un SaaS sort une fonctionnalité par trimestre.
- La preuve n'est pas encore commerciale. Les rédactions économiques demandent des clients, du revenu, des contrats. Une deeptech en phase laboratoire n'en a pas.
- Le porte-parole naturel n'est pas un communicant. Le fondateur est chercheur, il a été formé à la prudence et à la nuance, deux qualités qui produisent des citations inutilisables.
Qu'est-ce qu'un journaliste attend concrètement d'une startup deeptech ?
Il attend de comprendre en trois phrases ce que vous changez, pour qui, et à quelle échéance. Rien de plus à ce stade.
Les rédactions qui couvrent l'innovation reçoivent beaucoup et disposent de peu de temps. Dans l'enquête Cision citée plus haut, 49 % des journalistes désignent les coupes budgétaires et la surcharge de travail comme leurs principaux obstacles. Un dossier de trente pages ne sera pas lu. Un paragraphe clair sera relu deux fois.
Ce qu'il faut pouvoir fournir sans délai :
- Une phrase de définition sans terme technique, testée sur quelqu'un qui n'est pas de votre domaine.
- Un point de comparaison chiffré avec la méthode existante : délai, coût, précision, un seul indicateur suffit.
- Un porte-parole disponible dans les quarante-huit heures, pas dans dix jours.
- Des visuels exploitables en haute définition, ce qui manque presque toujours dans les dossiers deeptech.
- Le nom de vos concurrents, parce que le journaliste va les chercher de toute façon.
Nous détaillons ce que les rédactions retiennent dans notre article sur le contenu qui intéresse les journalistes.
Comment traduire une rupture scientifique sans la trahir ?
En remplaçant chaque terme de spécialité par ce qu'il produit, et chaque affirmation d'exception par une comparaison vérifiable. La difficulté n'est pas de simplifier, elle est de simplifier sans dire faux, ce qu'un chercheur refuse à juste titre de faire.
Le tableau ci-dessous reprend les cinq formulations qui bloquent le plus souvent en entretien, et ce qu'il faut fournir à la place.
Un principe résume l'exercice : le journaliste n'a pas besoin de comprendre comment votre technologie fonctionne. Il a besoin de comprendre ce qu'elle rend possible et pourquoi cela n'était pas possible avant. La mécanique interne intéresse la presse spécialisée, pas la presse économique.
C'est le cœur de notre travail sur les relations presse et LinkedIn des startups deeptech : traduire la rupture scientifique sans l'affaiblir.
Qui doit parler à la presse, le fondateur scientifique ou le dirigeant ?
Le fondateur scientifique, dans la quasi-totalité des cas, à condition qu'il soit préparé. Sa légitimité est le principal actif de crédibilité d'une deeptech, et aucun directeur commercial ne peut la remplacer devant un journaliste qui cherche une source.
Le réflexe inverse est fréquent et coûteux. On envoie le profil le plus à l'aise à l'oral, et le sujet perd ce qui le rendait crédible. Un journaliste qui écrit sur une technologie de rupture cite un chercheur, pas un porte-parole.
Trois réglages suffisent en général à rendre un fondateur scientifique citable :
- Accepter d'être affirmatif sur un périmètre restreint. Un chercheur nuance par honnêteté. La solution n'est pas de supprimer la nuance mais de la déplacer : affirmer nettement sur ce qui est établi, dire clairement où s'arrête ce qui est établi.
- Préparer les trois questions qui déstabilisent. Quand serez-vous rentable, qu'est-ce qui prouve que ça marche hors du laboratoire, qui d'autre fait la même chose.
- Répéter en conditions réelles. Un passage radio ou télévision ne s'improvise pas, notamment sur le format court, où il faut poser l'essentiel en quarante secondes.
C'est l'objet du media training, et nous avons documenté la méthode dans nos articles sur la préparation des interviews et passages médias et sur la préparation TV, radio et podcast.
Quels médias viser selon le stade de maturité de la deeptech ?
Les médias accessibles changent à chaque étape, et viser trop haut trop tôt est la première cause d'échec d'une campagne deeptech. Une startup en phase laboratoire qui pitche la presse économique généraliste n'obtiendra rien, non par manque d'intérêt mais par manque de preuve exploitable.
Notre panorama des médias tech pour les startups françaises détaille les titres et leurs angles, et notre guide sur la constitution d'un fichier presse explique comment le construire sans acheter de base de données.
Quelles contraintes propres à la deeptech faut-il anticiper ?
Quatre contraintes n'existent pas ailleurs dans la tech et décident du calendrier de communication d'une deeptech. Les ignorer expose à des dégâts qui vont au-delà de la visibilité.
- La propriété intellectuelle. Parler d'une invention avant le dépôt de brevet peut détruire sa nouveauté et donc sa brevetabilité. La règle pratique : aucune communication technique avant confirmation écrite du conseil en propriété industrielle.
- L'embargo des publications scientifiques. Les revues à comité de lecture imposent des règles de communication préalable. Une annonce presse mal calée peut faire retirer un article accepté.
- La prudence sur les allégations. Dans la santé et l'alimentaire, les allégations sont encadrées. Une formulation trop ambitieuse dans un communiqué expose à un risque réglementaire, pas seulement à un démenti.
- Le dual-use civil et défense. Certaines technologies relèvent de régimes de contrôle à l'export. Ce qui est dit publiquement sur les capacités d'un système n'est pas neutre.
Conséquence pratique : dans une deeptech, le calendrier de communication se construit à partir du calendrier scientifique et juridique, jamais l'inverse. C'est la différence de méthode la plus nette avec une campagne de relations presse classique.
Combien de temps faut-il pour installer une deeptech dans les médias ?
Trois mois suffisent à obtenir les premières retombées qualifiées, à condition que le récit soit prêt avant le premier contact avec un journaliste. C'est ce que montrent nos accompagnements deeptech.
HABS est une deeptech spécialisée dans le décodage des ondes cérébrales par EEG et intelligence artificielle. Sur notre accompagnement, trois mois de relations presse ont produit plus de 10 retombées médias, dont un passage en direct sur BFM Business et une couverture dans Challenges, Les Échos et Maddyness. L'objectif n'était pas le volume mais le statut : faire d'HABS un acteur identifié comme crédible et responsable dans le débat sur les neurotechnologies.
Sur SurgeCare, deeptech santé travaillant sur le fingerprinting immunologique, nous avons accompagné trois profils en parallèle, dont un co-fondateur scientifique enseignant-chercheur à Sorbonne Université et à l'AP-HP. En trois mois, le dispositif a généré plus de 205 000 impressions et plus de 1 500 demandes de connexion qualifiées, en amplification d'une levée de 7,5 millions d'euros.
Plus largement, sur les cinq accompagnements de relations presse de trois mois que nous publions en cas clients, une mission produit entre 7 et 15 retombées médias, dans cinq secteurs différents. La deeptech se situe dans cette fourchette, avec une différence : le temps de préparation en amont est plus long, parce que la traduction du sujet prend plus de temps que sa diffusion.
Linker, les relations presse des startups deeptech
Linker accompagne les startups et scale-ups tech sur deux métiers, les relations presse et LinkedIn, traités comme un seul système. En deeptech, cette combinaison répond à un problème précis : le nombre de journalistes capables de traiter votre sujet est faible, donc être trouvable par eux compte autant que les solliciter.
Dans le State of the Media 2026 de Cision, 62 % des journalistes déclarent utiliser LinkedIn dans leur travail et 33 % le classent comme la plateforme qui leur apporte le plus de valeur. Pour un fondateur scientifique, publier régulièrement sur son domaine revient à laisser une trace consultable par la seule population de journalistes susceptible de l'appeler.
Notre travail couvre 18 verticales tech, dont la deeptech, l'intelligence artificielle, la healthtech et la cybersécurité. Les modalités sont détaillées sur notre page communication deeptech.
Des questions ?
Les relations presse deeptech consistent à obtenir des retombées médias pour une entreprise dont la technologie repose sur une avancée scientifique. Elles se distinguent des relations presse tech classiques sur trois points : le sujet doit être traduit avant de pouvoir être pitché, le porte-parole est généralement un chercheur, et le calendrier de communication dépend de contraintes externes comme le dépôt de brevet ou l'embargo d'une publication scientifique. Le travail de traduction représente souvent plus de temps que le travail de diffusion.
Parce que son sujet tombe hors du domaine de la plupart des journalistes, et que c'est le premier motif de rejet. Selon le State of Journalism 2026 de Muck Rack, 88 % des journalistes écartent immédiatement une sollicitation qui sort de leur périmètre. S'ajoutent trois difficultés structurelles : un cycle long qui laisse peu d'actualité publiable, une preuve encore scientifique et non commerciale, et un porte-parole formé à la nuance académique plutôt qu'à la formule courte.
Le fondateur scientifique, à condition d'être préparé. Sa légitimité est le principal actif de crédibilité de l'entreprise, et un journaliste qui écrit sur une technologie de rupture cherche à citer un chercheur, pas un porte-parole. L'erreur fréquente consiste à envoyer le profil le plus à l'aise à l'oral : le sujet perd alors ce qui le rendait crédible. La préparation porte sur trois points : être affirmatif sur un périmètre restreint, anticiper les questions difficiles, et répéter les formats courts.
Non, pas sur le contenu technique. Divulguer une invention avant le dépôt peut détruire sa nouveauté et donc sa brevetabilité. De même, les revues à comité de lecture encadrent la communication préalable, et une annonce mal calée peut faire retirer un article accepté. La règle pratique : aucune communication technique sans validation écrite du conseil en propriété industrielle et vérification des règles de la revue. En revanche, communiquer sur l'équipe, le marché ou le problème adressé reste possible pendant cette période.
Trois mois, à condition que le récit soit prêt avant le premier contact avec un journaliste. Sur notre accompagnement d'HABS, deeptech en neurosciences, trois mois de relations presse ont produit plus de 10 retombées médias, dont un passage en direct sur BFM Business et une couverture dans Challenges, Les Échos et Maddyness. Sur l'ensemble des accompagnements de trois mois que nous publions en cas clients, une mission produit entre 7 et 15 retombées médias. La particularité de la deeptech est un temps de préparation amont plus long.
Cela dépend de votre stade de maturité, et l'ordre compte. En phase laboratoire et pré-amorçage, la presse scientifique et la presse spécialisée métier sont les seules accessibles, parce que la publication et le transfert de technologie sont vos seules preuves. La presse tech et startup s'ouvre aux premiers partenariats industriels. La presse économique généraliste devient atteignable à partir de la série A, quand la levée, les investisseurs et la trajectoire industrielle donnent une actualité exploitable. Viser trop haut trop tôt est la première cause d'échec.
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