
Comment Linker a fait de Mathias Boutier une voix de référence sur l'IA et la construction en France

On critique Shein et Temu, mais il y a bien pire. Dans le bâtiment, on fait exactement la même chose à grande échelle. J’ai un pincement au cœur à chaque fois que je passe devant ces nouveaux “éco”quartiers qui sortent de terre. Derrière les façades qui donnent l'impression d'être bien pensées et les quelques arbres plantés en hâte pour la plaquette commerciale, la réalité est assez glaciale. On est en train de bâtir des quartiers entiers de produits financiers dont personne n'avait vraiment besoin. Le mécanisme est toujours le même, et il est dicté par des tableurs Excel : - Le foncier a tout mangé : le prix du terrain est tel qu'il ne reste plus rien pour la construction. Pour "rentrer dans le bilan", on choisit les matériaux les plus pourris, les isolants les moins chers et les finitions les plus fragiles. - L'urbanisme hors-sol : on crée des immeubles entiers sans savoir qui va y habiter. On construit dans des zones absurdes, loin des bassins d'emploi, simplement parce que le dispositif de défiscalisation y est avantageux. - Le rétrécissement des vies : les logements sont de plus en plus petits, mal conçus, sombres. On ne dessine plus des lieux de vie, on optimise des "unités de rendement". Le résultat c'est le Temu du bâtiment. De loin, sur les images, ça a l'air sympa. En main, c'est mal fini, inconfortable et ça ne durera pas. Pire encore, le coût écologique reste un scandale trop discret. On s'indigne de la pollution textile, mais la construction est bien plus dévastatrice. Bâtir 1 m² de ces logements "low-cost" émet près d'une tonne de CO2e. On pollue massivement pour construire des trucs que les gens vont détester habiter. Chez BAM - Because Architecture Matters, notre rôle d'AMO est de ramener du pragmatisme : privilégier l'usage à la surface, imposer des matériaux qui vieillissent bien et rappeler qu'un logement est un abri pour 50 ans, pas un produit périssable. Le métier de promoteur immobilier traverse une crise sans précédent. Peut-être que se poser ces questions et arrêter de faire du logement un simple produit financier serait une bonne manière d'en sortir.
Tout le monde a partagé ce graph en s'alarmant. J'y vois exactement l'inverse. Et voilà pourquoi 👇 1. La fin des 80h semaine Le vrai problème aujourd'hui, ce n'est pas le manque de travail, c'est l'implication colossale demandée face à des honoraires qui stagnent. Résultat : des agences qui ne tournent que grâce aux stagiaires et des “charrettes” à répétition. Avant de supprimer des postes, l'IA va surtout permettre aux MOE de vivre normalement. Si l'IA peut absorber 30% de la charge de production, on ne licencie pas : on arrête enfin de s'épuiser. 2. L’IA automatise ce qui était déjà "sacrifié" CCTP, faisabilités, 3D de concours... Beaucoup de ces tâches étaient soit déjà sous-traitées, soit réalisées à perte . L'IA ne vole pas le travail de l'architecte, elle lui permet de réinternaliser des marges et de gagner du temps sur des missions chronophages et souvent non rémunérées. 3. La conception IA : beaucoup de bruit pour une soupe de pixels On nous vend une IA qui conçoit des bâtiments en un clic. La réalité ? C'est souvent "crado", pas constructible et totalement déconnecté du contexte. Exploitable comme matière brute, mais ça exige une expertise encore plus fine pour en faire quelque chose de viable. La valeur ajoutée de l'architecte n'a jamais été aussi décisive. L'avenir ne ressemble pas au tableau qu'Anthropic a dessiné. C'est ce qu'on a voulu construire avec AGLO : un copilote IA qui libère les architectes et BET de la charge administrative, sans effacer leur rôle. Et vous, vous le voyez comment votre métier dans 5 ans ?
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